BIENVENUE AU SAHARA, AIRE DE LIBERTE

"Le désert est beau, ne ment pas, il est propre." Théodore MONOD.

30 janv. 2012

Situation alimentaire dans le Sahel: PREOCCUPANTE MAIS PAS CATASTROPHIQUE

Situation alimentaire dans le Sahel: PREOCCUPANTE MAIS PAS CATASTROPHIQUE
(L'Essor 30/01/2012)


Malgré la mauvaise campagne agricole 2011-2012, le CILSS estime que les Etats sahéliens peuvent faire face à la situation alimentaire critique grâce aux mouvements de stocks vers les zones déficitaires et à des efforts d’anticipation

Le secrétaire exécutif du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel (CILSS), notre compatriote le Pr Alhousséini Bretaudeau, a animé mardi une conférence de presse à l’Institut du Sahel (INSAH). Il était assisté de différents collaborateurs dont le directeur général de l’INSAH, le Pr Antoine Somé, les responsables du département Population, Baba Traoré, du département de la Recherche, Keffing Sissoko, et du département des intrants, le Dr Siaka Dembélé.

L’objectif de la conférence de presse était de faire le point de la situation alimentaire dans les pays du CILSS. Il faut signaler cette organisation régionale, dont le siège se trouve à Ouagadougou, compte désormais 10 membres. En effet, lors de sa dernière réunion ministérielle qui s’est tenue en novembre dernier à Nouakchott, la Guinée Conakry a rejoint le groupe des pays membres. Le CILSS regroupe donc désormais le Burkina Faso, le Cap Vert, la Gambie, la Guinée Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad et la Guinée Conakry.

Depuis sa création en 1973 à la suite de la grande sécheresse qui a frappé les pays sahéliens, le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel s’est fixé comme mission de promouvoir la sécurité alimentaire dans les pays membres. Il produit des informations de synthèse des pays sur les productions agricoles, émet des avis et fait des recommandations sur les situations alimentaires des pays membres.

Les institutions rattachées comme l’INSAH, le centre agrohydrométéorologique (Agrhymet) basé à Niamey, publient de façon régulière des informations sur les différentes situations agricoles, la dynamique de la population et des bulletins météorologiques sur les tenants et aboutissants de la campagne agricole. A la fin de la campagne agricole, le CILSS fait la synthèse des situations et publie un avis sur l’état de la saison et des productions agricoles, pastorales et des disponibilités de céréales dans l’espace CILSS. Le secrétaire exécutif du CILSS, Alhousséini Bretaudeau, a sacrifié à cet exercice, mardi, et jugé que la situation alimentaire, à l’exception de la Guinée Conakry, est préoccupante, mais pas catastrophique dans l’espace CILSS. La production céréalière est déficitaire de 25 à 30% de façon globale. Les pays du CILSS (hors Guinée Conakry) ont produit globalement 16,6 millions de tonnes de céréales au cours de cette campagne. Toutefois, a encore précisé Alhousséini Bretaudeau, la campagne précédente (2010-2011) avait été exceptionnellement bonne dans l’espace CILSS. Certains pays de l’Afrique de l’ouest ont également enregistré de bonnes récoltes. Ces disponibilités encouragent les responsables du CILSS à penser que l’espace CILSS ne court vers aucune catastrophe d’ordre alimentaire. Toutefois, reconnaît le secrétaire exécutif, certains pays ou zones agricoles ont connu des déficits qui peuvent être largement compensés par le jeu des échanges inter-régions.

UNE MAUVAISE PRODUCTION DE BIOMASSE. Le réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) sur la situation agricole et les perspectives alimentaires au Sahel et en Afrique de l’ouest, a produit un communiqué à l’issue de sa 27è réunion qui s’est tenue en décembre à Praia au Cap Vert sous l’égide du CILSS. Ce communiqué souligne que le Tchad et la Mauritanie enregistrent de fortes baisses de leurs productions respectivement de 23% et 38%. Les poches de mauvaise production agro-pastorale et halieutique concernent notamment toute la bande sahélienne au Tchad, la zone agro-pastorale de la Mauritanie, le nord des régions de Kayes et Koulikoro et le Delta du fleuve Niger au Mali, le nord, centre nord et est du Burkina Faso, les régions de Niamey, Tillabéry, sud-est de Zinder au Niger et certaines zones localisées du Sénégal et de la Gambie. Toutefois, une mauvaise production de biomasse a été enregistrée dans toute la bande pastorale du Sahel à part le Gourma, la zone de Dakoro (Niger) et les îles du lac Tchad, ainsi qu’un faible taux de remplissage des points d’eau de surface. Une transhumance précoce est observée en Mauritanie et au Tchad et des changements de parcours du Mali vers le Burkina Faso. Globalement, le Sahel enregistre, sans tenir compte des importations, un déficit céréalier brut de 2,5 millions de tonnes. Par contre, certains pays du Golfe de Guinée (Ghana, Togo, Nigeria et Bénin), avec un bon niveau de production, dégagent un surplus de maïs qui pourrait être exporté vers les régions sahéliennes déficitaires. Par ailleurs, le niveau de production du manioc (80 millions de tonnes) et d’igname (53 millions de tonnes) reste important. Ces données font dire au secrétaire exécutif du CILSS que les pays sahéliens peuvent se passer des importations massives et coûteuses de céréales, notamment du riz étranger hors d’Afrique, pour juguler la crise alimentaire. Les disponibilités sont cependant mal réparties dans la région sahélienne et imposent qu’une plus grande attention soit portée au marché. Le Pr Alhousséini Bretaudeau préconise ainsi de préserver la poursuite des échanges transfrontaliers de céréales afin de permettre au commerce régional de jouer son rôle régulateur et d’éviter la hausse des prix dans les zones déficitaires. Actuellement, les prix des céréales sèches demeurent anormalement élevés par rapport à leur tendance saisonnière et vont probablement continuer à augmenter dans les mois à venir, prévoit le réseau de prévention des crises alimentaires du CILSS. Le niveau élevé des prix des denrées alimentaires et la baisse des revenus des populations dans les zones pastorales et agro-pastorales, en particulier au Tchad, en Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et au Mali entraînent déjà une précarité alimentaire par endroits. Dans ces zones, les ménages vulnérables ne pourront ni préserver leurs moyens de production, ni s’assurer d’une consommation alimentaire adéquate. Dans un contexte de vulnérabilité chronique à l’insécurité alimentaire, cette situation fragilisera davantage leur capacité à résister à des chocs futurs. Les difficultés alimentaires en perspective ne feront qu’aggraver la situation nutritionnelle déjà précaire dans la région. Lors de la dernière période de soudure, la prévalence de la malnutrition aiguë globale était proche ou au-delà du seuil critique en particulier dans les régions de Tillabéry et Diffa au Niger, Tombouctou au Mali, Matam au Sénégal, Brakna, Gorgol, Guidimaka, Assaba et Hodh El Chargui en Mauritanie et dans la bande sahélienne au Tchad.

PRIORITE AUX POPULATIONS VULNERABLES. Le secrétaire exécutif du CILSS a salué les efforts du gouvernement malien qui a entamé les actions de distribution gratuite de céréales aux communautés vulnérables dans 104 communes par le canal du Commissariat à la sécurité alimentaire. Il a également salué les mesures d’atténuation de la crise alimentaire comme les dispositions prises par les pouvoirs publics pour approvisionner les producteurs en semences de contre-saison, de maraîchage, le programme de production de pomme de terre dans les zones de l’Office du Niger. Ce sont autant d’actions pour soulager la souffrance des populations vulnérables. Alhousséini Bretaudeau a également préconisé le développement de l’agriculture irriguée de contre-saison dans les pays sahéliens. Il a souligné à ce propos, le cas du Mali, où cette action est inscrite dans les programmes agricoles (PDES, LOA), où des aménagements importants sont réalisés ou sont en cours dans les zones de production agricole notamment là où existent des bas-fonds. Le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse au Sahel attire également l’attention des autorités sahéliennes sur la situation nutritionnelle vulnérable des populations réfugiées, déplacées fuyant les zones de conflit. L’organisation régionale a recommandé aux Etats sahéliens de conduire des enquêtes afin d’affiner le ciblage des populations vulnérables et de proposer des réponses appropriées, de développer les cultures de contre-saison partout où la possibilité existe, d’appuyer les éleveurs en aliment bétail, faciliter la transhumance, encourager le déstockage des animaux dans les zones à déficit fourrager élevé et réhabiliter les points d’eau. L’organisation régionale incite les Etats membres à coordonner les actions de reconstitution des stocks nationaux de sécurité alimentaire, afin d’éviter la concentration des achats locaux, à anticiper les pics de malnutrition aiguë dans les zones à risque en renforçant les dispositifs de prévention et de prise en charge. Elle préconise la prise de mesures structurelles visant à apporter des réponses durables de long terme à l’insécurité alimentaire. Elle recommande enfin aux organisations régionales sœurs comme l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) de s’impliquer davantage dans le financement durable des dispositifs nationaux et régionaux d’information sur la sécurité alimentaire, de veiller à l’application des textes règlementaires notamment la libre circulation des personnes et des biens et le respect de la charte de prévention et de gestion des crises alimentaires et d’accélérer la mise en place de la réserve alimentaire régionale. 


par Moriba Coulibaly
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26 janv. 2012

Dans le nord du Mali, les Touaregs du MNLA lancent un nouveau défi armé à l'Etat - LeMonde.fr

Dans le nord du Mali, les Touaregs du MNLA lancent un nouveau défi armé à l'Etat - LeMonde.fr
LEMONDE.FR | 25.01.12 | 17h46 • Mis à jour le 26.01.12 | 14h00
Le 17 janvier, des hommes solidement armés ont attaqué des cantonnements militaires à Menaka, Adaramboukare et Tessalit, trois localités sahariennes du nord du Mali. Les combats, âpres, se sont poursuivis plusieurs jours, faisant de nombreuses victimes. Le 20 janvier, un accrochage sérieux a eu lieu à Aguelhok. Les attaques ont été revendiquées par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), un groupe politique et militaire indépendantiste né le 16 octobre. Dans la région, l'armée malienne se déploie en force. Des combats opposent à nouveau depuis jeudi matin 26 janvier à Anderamboukane l'armée malienne aux rebelles touaregs.
Difficile de dresser un bilan fiable des affrontements en l'absence d'observateurs impartiaux : si l'armée malienne décrit des rebelles en déroute, abandonnant des dizaines de morts sur le terrain, les communiqués du MNLA évoquent des militaires en fuite, subissant de lourdes pertes. Des photos publiées sur Facebook montrent une carcasse d'avion brûlé, supposément un MIG-21 abattu par des rebelles.
 

Un Touareg pose devant une carcasse d'avion. Le MNLA affirme avoir abattu un MIG-21 malien.
Un Touareg pose devant une carcasse d'avion. Le MNLA affirme avoir abattu un MIG-21 malien.

Qui compose le MNLA ? Le Mouvement national de libération de l'Azawad est né de la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA), un groupe de jeunes intellectuels et de militants politiques, avec les guérilleros de l'ex-Alliance Touareg Niger Mali (ATNM). Ces derniers constituent les fidèles d'Ibrahim Ag Bahanga, leader des rébellions touaregs de 2006 à 2009, mort dans un mystérieux accident de voiture le 26 août. A ces deux composantes fondatrices sont venus s'ajouter des groupes d'ex-rebelles touaregs qui, dans les années 1990, ont fui le Mali pour s'engager dans l'armée libyenne de Mouammar Kadhafi. Beaucoup de ces hommes ont déserté le "Guide" libyen durant le conflit qui l'a opposé au Conseil national de transition et à l'OTAN. Lourdement armés, certains ont fait la jonction avec le MNLA. C'est d'ailleurs Mohamed Ag Najim, ancien officier de l'armée libyenne, qui en est aujourd'hui le chef d'état-major.
Quelles sont les revendications des rebelles ? Pour Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA contacté par Le Monde.fr, l'objectif est clair : "se libérer du colonialisme malien". Pour lui, le territoire de l'Azawad se compose des territoires des trois gouvernorats septentrionaux du Mali actuel, soit ceux de Tombouctou, de Gao et de Kidal. Il affirme que "le MNLA est l'émanation des aspirations des touaregs et d'une bonne partie des Songhaï, Peuls et Maures de l'Azawad" et lutte pour le "droit de la population de l'Azawad au libre choix de son mode de gouvernement, à l'autodétermination et, si elle le souhaite, à l'indépendance". Selon lui, "les fonctionnaires de l'Etat malien dans nos villes sont tous des sudistes. Les gouverneurs de Kidal, Tombouctou et Gao sont des Bambaras, venus du Sud en mission. Il en va de même pour les hauts fonctionnaires régionaux ainsi que pour les gradés de l'armée et des autres services de sécurité".
Dans un entretien accordé au journal arabophone mauritanien Al-Akhbar, Bilal Ag Chérif, secrétaire général du MNLA, affirme que son mouvement est "pacifique et croit en une démarche de dialogue pour atteindre ses objectifs". Le MNLA avait d'ailleurs organisé des marches pacifiques le 1er novembre. Pour Bilal Ag Chérif, l'Etat malien porte la responsabilité de l'escalade militaire : "Le militarisme [de l'Etat] et les opérations de provocations ont provoqué le déclenchement du mouvement de libération, en réaction contre les agissements de l'armée malienne."


En quoi cette rébellion diffère-t-elle des précédentes ? Ces événements découlent d'une histoire de conflit quasi ininterrompu entre touaregs et Etat malien. Appartenant à l'ensemble ethno-linguistique amazigh (berbère), les touaregs (qui se nomment eux-mêmes "Kel Tamacheq") occupent la zone saharienne, où ils vivent traditionnellement d'élevage et de commerce. Sur une population générale estimée à 1,5 million de touaregs, 550 000 vivraient au Mali (850 000 au Niger, 50 000 en Algérie et le reste en Libye et au Burkina-Faso). Dès 1958, le Mouvement populaire de l'Azawad (MPA), basé à Kidal, réclame la constitution d'un Etat touareg. En 1963, soit trois ans après l'indépendance du Mali sur un modèle unitariste jacobin, éclate la première rébellion touareg, durement réprimée par l'Etat. Suivent les sécheresses des années 70 et les camps de réfugiés en Algérie et en Libye, où de jeunes touaregs sont entraînés et enrôlés par l'armée. Aguerris, certains d'entre eux fondent en 1988 le Mouvement populaire de libération de l'Azawad (MPLA) et déclenchent une insurrection en 1990, qui débouche sur la signature des accords de Tamanrasset (1991) et du Pacte national de 1992. En 2006, une seconde rébellion force l'Etat malien à de nouvelles négociations avec les touaregs, lesquelles aboutiront à l'accord d'Alger du 4 juillet 2006.
Ces textes visent à une meilleure intégration sociale, économique et culturelle des populations du Nord (touaregs, mais aussi Peuls, Maures arabophones et Songhaï) dans l'ensemble malien. Paradoxalement, ils ont généré une double frustration. D'un côté, l'opinion malienne, majoritairement sudiste, ne comprend pas que l'Etat crée des programmes de développement spéciaux pour le Nord, alors que tout le pays souffre de pauvreté. La presse nationale regorge d'éditoriaux critiques à l'égard de nordistes assimilés à des enfants capricieux ou à des maîtres chanteurs. De l'autre, pour les militants du Nord, rien n'a changé : "Il faut ignorer les réalités de l'Azawad pour affirmer qu'il s'agit d'une région gâtée", affirme Mossa Ag Attaher. Il ajoute : "Les régions du Nord composent la moitié du territoire malien et ne sont quasiment pas couvertes en terme de santé publique, d'éducation et d'accès à l'eau. La région de Kidal est la seule au Mali où l'on doit parcourir plus de 100 kilomètres entre chaque point d'eau. Les grands projets de l'Etat sont des montages : il lève des fonds auprès des organisations internationales, lesquels sont ensuite accaparés et détournés par des responsables corrompus du Sud."
Tandis que les rébellions précédentes n'ont jamais officiellement franchi le pas du séparatisme, pour la première fois le MNLA demande explicitement l'autodétermination de l'Azawad et une potentielle indépendance. Les cadres du MNLA ne parlent d'ailleurs plus de rébellion mais de "mouvement révolutionnaire".
Quel est l'impact de cette rébellion au Mali ? Le premier tour de l'élection présidentielle malienne aura lieu le 29 avril. L'importance du scrutin tient au fait que l'actuel président, l'ex-général Amadou Toumani Touré, devra quitter le pouvoir après deux mandats consécutifs. La presse et les principaux candidats se sont saisis des événements dans le Nord du pays pour ranimer la flamme patriotique, dénoncer les "bandits armés" du MNLA et appeler à un raffermissement de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire malien.
Dans le nord du pays, la reprise des affrontements pourrait déboucher sur une nouvelle crise humanitaire et à la fuite de populations civiles vers les pays voisins. Faisant planer le spectre d'affrontements internes à la région, des milices pro-gouvernementales y ont pignon sur rue : les Maures du colonel Ould Meidou, les touaregs du colonel Ag Gamou ainsi que les Songhaï de l'ex-Ganda Koy (milice ouvertement raciste qui sema la terreur dans les années 1990, se livrant notamment à des pogroms de touaregs et de Maures).
Quelles sont les relations entre le MNLA et Al-Qaida ? Cette nouvelle rébellion touareg intervient dans un contexte délicat : la présence depuis 2003 d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et de son ancêtre, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) algérien, dans la zone saharo-sahélienne. Multipliant les enlèvements d'étrangers et le racket des trafiquants de cocaïne et de migrants clandestins qui sillonnent la zone, les hommes d'AQMI ont installé plusieurs bases au nord du Mali. Essentiellement algérien, le groupe a tenté de s'acheter les bonnes grâces des populations locales via des mariages (notamment parmi les tribus maures), le recrutement de jeunes désœuvrés et quelques actions sociales. Une petite organisation djihadiste touareg autochtone, Ansar Al-Din, a également vu le jour le 15 décembre.
La facilité avec laquelle AQMI agit dans la région nourrit les interrogations : selon l'anthropologue britannique Jeremy Keenan, le groupe serait une création du DRS (renseignement militaire) algérien. Pour le MNLA, c'est au contraire l'Etat malien qui utilise AQMI pour déstabiliser la zone de l'Azawad et bénéficier d'une assistance militaire étrangère grâce à laquelle il combat la résistance touareg plutôt que les djihadistes. Tous les responsables du MNLA insistent sur leur refus de tout sectarisme religieux et leur détestation d'AQMI. Ils réfutent les affirmations de certains journaux maliens qui affirment que MNLA et AQMI travailleraient main dans la main. Au contraire, affirme le MNLA, si les pays de la région et les grandes puissances cherchaient réellement à se débarrasser d'AQMI et des trafiquants dans le Sahara, ils aideraient ses guérilléeros, familiers du terrain et animés du désir de "nettoyer le territoire de l'Azawad". Lors de la rébellion de 2006, des affrontements meurtriers avaient eu lieu entre les touaregs et le GSPC.
De quels soutiens bénéficie le MNLA ? Il y a peu de chances que l'Union africaine, qui consacre l'intangibilité des frontières de ses Etats membres, apporte son soutien aux partisans de l'autodétermination de l'Azawad. Au Niger voisin, où des révoltes touaregs ont suivi celles du Mali en 1992-1995 et en 2007-2009, le président de la République a déjà appelé au calme. La France, qui importe près de 20 % de son uranium du Niger, notamment exploité par Areva dans la région touareg de l'Aïr, n'a aucun intérêt à favoriser ce qui serait pour elle un facteur d'instabilité supplémentaire. L'Algérie a toujours joué un rôle de puissance régionale dans les conflits entre touaregs et Etat malien, abritant les négociations de paix. Aujourd'hui, des sources du MNLA affirment au Monde.fr que "l'Algérie refuse de recevoir et soigner les blessés de guerre du MNLA". En Libye, le nouveau gouvernement fait face à suffisamment de difficultés internes pour ne pas reprendre le jeu permanent de soutien suivi de lâchage auquel se livrait Mouammar Kadhafi avec les divers groupes touaregs. A l'heure actuelle, le MNLA ne bénéficie que du soutien moral de mouvements pacifiques de défense de la cause amazigh en Afrique du Nord (Congrès mondial amazigh, Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie, ONG Tamazgha...).
Quelle issue pour le conflit ? Mieux armé que les mouvements précédents grâce au stocks d'armes rapportés de Libye, le MNLA est également beaucoup mieux structuré idéologiquement. Souvent efficaces sur le terrain militaire, les rebelles touaregs ont par le passé fait montre d'un flou politique préjudiciable. L'insistance sur la notion d'autodétermination donne une cohérence politique inédite au MNLA. Cependant, le mouvement risque l'isolement sur deux tableaux : au Mali, outre le climat d'intransigeance nationaliste attisé par la campagne électorale au Sud, il risque d'être perçu comme un mouvement exclusivement touareg par les autres composantes ethniques de l'Azawad. Quant aux soutiens étrangers, il ne semblent guère probables dans une zone déjà perçue comme une poudrière du fait de la présence d'Al-Qaida. Les porte-parole du MNLA, notamment Hama Sig Ahmed et Bilal Ag Chérif, répètent à l'envi leur désir d'un authentique dialogue avec les autorités de Bamako. Celles-ci semblent davantage enclines à maintenir la pression militaire.
Yidir Plantade

13 janv. 2012

Yennayer un évènement historique : Une civilisation vieille de 2962 ans

Yennayer un évènement historique : Une civilisation vieille de 2962 ans
En résumé, Yennayer 2962 que nous allons célébrer cette année commémore la première mention du peuple amazigh dans l'histoire des civilisations. De manière significative, il se réfère à des Imazighen qui sont les contributeurs à la glorieuse civilisation égyptienne.   
Yennayer un évènement historique : Une civilisation vieille de 2962 ansL’histoire Amazigh , désigne la période de cette très ancienne civilisation autour de la Méditerranée et du Moyen-Orient et la majorité des historiens estime que l’an zéro est la date symbolique et relative à une civilisation très ancienne, qui est un repère essentiel pour les berbères , Le plus connu des royaumes berbères fut la Numidie avec ses rois tels que Gaïa, Syphax et Massinissa. On peut aussi parler de l'ancienne Libye ainsi que des tribus connues tels que les Libus, et les XXIIe et XXIIIe dynasties égyptiennes, qui en sont issues. Il y eut aussi des expansions berbères à travers le Sud du Sahara, la plus récente étant celle des Touaregs et la plus ancienne celle des Capsiens. Plus réduites, les zones berbérophones d'aujourd'hui sont inégalement réparties dans des pays tels que le Maroc, l'Algérie, la Libye, la Tunisie et l'Égypte. Les langues berbères forment une branche de la famille des langues afro-asiatiques. Autrefois, leur alphabet était le tifinagh, encore utilisé par les Touaregs.
Les berbères, une mosaïque ethnique et culturelle
Les Berbères constituent donc une mosaïque de peuples de l'Égypte au Maroc, se caractérisant par des relations linguistiques, culturelles et ethniques. On distingue plusieurs

6 déc. 2011

SaharaTech, dernières nouvelles du désert solaire

SAHAARA TECH FRICATIME dernières nouvelles du désert solaire
C’est un rêve digne du Petit prince. Transformer le sable chaud du désert du Sahara en silicium pur afin de fabriquer sur place des milliers de panneaux solaires photovoltaïques. Des super-usines de silicium implantées dans la région traiteront ensuite l’énergie clean produite par ces panneaux solaires éparpillées dans cette «immensité nue». Pour la redistribuer d’abord en Europe puis aux quatre coins du globe via des câbles supraconducteurs à température de fonctionnement d’environ -200°C. Nom de code du projet : Super Apollo ou Sahara Solar Breeder. Un véritable défi scientifique lancé l’an dernier et

23 nov. 2011

Imazighen ou l’éternel combat pour la liberté

Imazighen ou l’éternel combat pour la liberté: Imazighen ou l’éternel combat pour la liberté
* ali khadaoui
L’officialisation de la langue amazighe au Maroc, la prise spectaculaire de Tripoli par imazighen (les berbères) libyens, ainsi que la tenue des sixièmes assises du Congrès Mondial Amazigh à Djerba en Tunisie, remettent la question amazighe en Afrique du Nord et dans les pays du Sahel à l’ordre de l’histoire, malgré -encore une fois- l’amalgame entretenu par les média arabes, relayés par

6 sept. 2011

L'alphabet des Touaregs , le TIFINAGH

L'alphabet des Touaregs , le TIFINAGH: L'écriture des Touaregs,leTIFINAGH

Ecriture multi-millénaire difficilement accessible , le Tifinagh est utilisé par les Touaregs pour écrire de courts textes en langue Tamasheq .Compte-tenu du manque de voyelles , il est impossible de déchiffrer pour qui ne connaît pas parfaitement la langue Tamasheq . Ce sont les mères qui apprennent cet alphabet aux enfants touaregs en dessinant les lettres dans le sable.

Alphabet tifinagh
L'ATP ( Association pour la Promotion du Tifinagh ) ,dont le siège se situe à Agadès ,a réuni des intellectuels Touaregs de différentes régions du Niger pour unifier cet alphabet et ajouter des voyelles manquantes. Cette unification a permis de répondre aux normes typographiques et aux besoins modernes de l'impression.


Cette démarche concerne essentiellement le Niger , et il existe encore aujourd'hui de nombreuses variantes . En examinant cet alphabet , vous pouvez retrouver la traduction de MALINIA ( voir le logo )

21 mars 2011

RFI Musique - Chronique album - Compilation Ishumar 2

RFI Musique - Chronique album - Compilation <i>Ishumar 2</i>: "La nouvelle génération des guitaristes touarègues
Paris 17/03/2011 -
Indicateur témoin de l’évolution du mouvement musical auquel elle se consacre, la compilation Ishumar 2, nouvelles guitares touarègues dresse un état des lieux instructif et mesure la distance parcourue depuis que Tinariwen a fait irruption dans

7 févr. 2011

Sixième - Touareg - Cours à télécharger

Sixième - Touareg - Cours à télécharger: "– Envoyé à l'aide de la barre d'outils Google"

22 janv. 2011

Algerieinfo | culture: Transcription de tamazight, entre l'alphabet arabe et latin : Quelle place pour une troisième voie ?

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La transcription de la langue tamazight suscite toujours une problématique en Algérie. Certains utilisent le caractère arabe, comme la majorité des Mouzabites, les autres ont opté pour l'alphabet latin, en se basant sur les études qui

18 janv. 2011

Conseil des Ministres du CILSS : Communiqué final de la 45ème session ordinaire - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Conseil des Ministres du CILSS : Communiqué final de la 45ème session ordinaire - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
La 45ème session ordinaire du Conseil des Ministres du Comité Permanent Inter Etats de Lutte Contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) s’est tenue les 14 et 15 janvier 2011, à Niamey, République du Niger, dans la salle de conférence de l’Hôtel GAWEYE, sous la présidence de Monsieur Pahimi Padacké Albert,

9 janv. 2011

11E MARATHON DES DUNES

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Voir Taghit et... courir
08 Janvier 2011 - Page : 12'Expression Edition OnLine
: "Trois étapes ont rassemblé 120 participants, parmi lesquels Samy Moulay le benjamin de 13 ans, Mohamed Selmet, le vétéran de 76 ans, venu de Paris, et un nombre éloquent de

7 janv. 2011

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Niger: Parution à Paris d’un livre sur la rébellion touarègue: "Un ouvrage intitulé 'La rébellion touareg au Niger. Raisons de persistance et tentative de solution' vient de paraître aux Editions L’Harmattan, à Paris, sous la signature du colonel

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INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES
Le tamachek ou langue touareg (également appelé tamashagh,) est une langue berbère de la famille des langues afro-asiatiques.
Elle est parlée dans le sud de l’Algérie (dans le Hoggar), dans le nord du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ainsi

1 déc. 2010

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30 sept. 2010

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Il est de nos jours indéniable qu’il y a péril en la demeure au Mali avec la situation de plus en plus confuse et alarmante qui prévaut dans son septentrion depuis quelques années. En effet, cette région, géographiquement très excentrée, est

25 sept. 2010

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jeudi, 23 septembre 2010 / Salem Chaker
Ci-dessous une récente communication de Salem Chaker qu’il a transmis au colloque organisé par le HCA sur « la standardisation de l’écriture de tamazight », qui a eu lieu à Boumerdes du 20 au 23 septembre 2010. Il revient sur la polémique de la transcription de la langue berbère et sur l’état d’avancement dans sa standardisation.

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24 sept. 2010

La Grande muraille verte primée par le Congrès américain

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La Grande muraille verte a été primée, mercredi soir à Washington, par le Congrès américain. C’était au cours d’une soirée de gala organisée par l’Iccf, une fondation internationale qui regroupe outre des membres du Congrès, des personnalités de la société civile et des militants de la protection de l’environnement.
New York - C’est une récompense aux efforts entrepris par le chef de l’Etat sénégalais. Mercredi soir à Washington, membres du Congrès, hommes d’affaires, militants de la protection de l’environnement et décideurs locaux américains ont tenu à exprimer leur satisfaction de la Grande muraille verte, un projet africain initié et défendu par le président Abdoulaye Wade.

Il concerne onze pays d’Afrique, de Dakar à Djibouti, avec l’objectif d’enrayer l’avancée du